Back to Blog

Entretien avec la Directrice de Tolona Agrobusiness

Dans un pays où la majorité des jeunes préfère travailler entre quatre murs et dans les salles climatisées, Jeannette Tasa Dembo a pris son courage à deux mains pour se lancer dans l'agriculture.
March 15, 2026
Conseils aux fondateurs

Dans un pays où la majorité des jeunes préfère travailler entre quatre murs et dans les salles climatisées, Jeannette Tasa Dembo a pris son courage à deux mains pour se lancer dans l'agriculture.

Un pari qui lui réussit jusqu'ici, à en juger par la production de son entreprise.

Voici l'intégralité de l'interview qu'elle nous a accordé.

Pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je suis Jeannette Tasa Dembo, Licenciée en sciences sociales, administratives et politiques de lUniversité de Kinshasa et Directrice Générale de l'entreprise "TOLONA AGROBUSINESS".

Comment avez-vous atterri dans ce business qui ne cadre pas avec votre formation académique ?

C'est une question que j'aime beaucoup. À la fin de mes études universitaires, comme la majorité de jeunes de mon pays, je me suis mise à la recherche d'un emploi dans différentes sociétés publiques et privées. Cinq ans après, je ne trouvais toujours ce que je voulais vraiment. Il y avait comme un vide que je devais combler. Un bon matin de l'année 2022, une idée m'est venue: je voulais entreprendre. Je souligne que j'avais un projet agricole alors que j'étais encore étudiante. Un projet que j'avais bien rangé, car depuis mon jeune âge, j'aimais beaucoup les activités agricoles, sans savoir qu'un jour les choses prendront cette tournure. Donc quand l'idée d'entreprendre s'est imposée, je n'ai pas hésité à me lancer. Comme je n'avais que la passion et aucune formation, je me suis adressée à un ami dont la maman avait des espaces agricoles à DAIPN N'sele. C'est ainsi que je suis entrée en contact avec cette brave dame qui m'a montré le chemin à suivre. À ses conseils et orientations, j'ai ajouté une série de formation qui ont fait ce que je suis aujourd'hui. Et en 2023, Tolona Agrobusiness est officiellement créée.

L'adaptation à ce nouveau domaine vous a donc été facile ?

Pour mon cas en tout cas, l'adaptation était facile. Mon avantage était d'abord que je trouvais du plaisir en faisant ce travail. Le plus difficile était de trouver le financement pour démarrer car l'agriculture est certes lucrative, mais elle exige beaucoup en termes de financement pour une bonne exploitation. Cela m'a pris beaucoup de temps au point qu'à un moment j'ai dû mettre une pause pour faire autre chose, question de réunir ne serait-ce que le minimum pour démarrer.

Tolona Agrobusiness est aujourd'hui à quel niveau selon les objectifs de départ ?

Je dirai que Tolona est presque au niveau de sa maturité parce que nous avons réalisé certains de nos objectifs assignés. Nous avons appris de nos erreurs.

Vous êtes maintenant à plusieurs années d'expérience, avez-vous reçu l'aide de certains partenaires ou ce sont vos propres efforts qui vous font avancer ?

J'avais démarré avec mes propres moyens. Après un temps, j'ai associé certaines personnes de mon entourage, ils ont adhéré à l'idée aujourd'hui nous avons quatre partenaires. Aujourd'hui, ce qui nous réjouit c'est que l'État congolais a tourné son regard vers nous en mettant en place des programmes d'accompagnement, notamment le projet "COPATRANSFORME" qui nous donne des opportunités de financement pour l'épanouissement de nos entreprises. C'est une initiative que nous saluons et encourageons vivement.

En termes de production, quelle quantité annuelle produisez-vous pour chaque produit ?

Nous produisons plusieurs choses donc je vais prendre l'exemple de deux cultures les plus fréquentes : la pastèque et la tomate qui ont une durée de production de 3 mois . Nous produisons jusqu'à 60 tonnes par an pour chaque produit. Quant aux feuilles de manioc moulues, notre production dépasse 2.800 kg par an.

Quelles sont les projections de TOLONA ?

Nous souhaitons élargir la production pour desservir une grande partie de la ville de Kinshasa, mais les moyens nous manquent encore. Mais nous croyons que d'ici 10 ou 15 ans, nous serons cités parmi les mieux placés dans le domaine agricole en RDC.

Marcel KILOMBO

Mise à jour associée

Entretien avec le patron de NJ Corporation.
On ne crée pas une entreprise pour avoir des partenaires. Quand on crée une entreprise, l’objectif est de générer du profit, pas de devenir dépendant des bailleurs de fonds.
April 7, 2026
Conseils aux fondateurs
Read more
Démarrer votre parcours

Ensemble, écrivons l’avenir de l’Afrique avec Nebula

Investisseurs ou entrepreneurs, rejoignez la plateforme qui transforme le continent.